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Posts Tagged ‘Charles Ceccaldi-Raynaud’

Je reproduis ici l’intervention de Brahim ZEDDOUR, descendant de Kacem ZEDDOUR.

Un Juste de la guerre de libération algérienne :
le sens d’un destin

Par Brahim Zeddour

Le cargo en direction de Marseille peut enfin partir, après des heures d’attente au port d’Alger, où il règne un calme inhabituel, qui contraste avec l’effervescence de la ville. Nous sommes le 4 juin 1958, Charles De Gaulle y est attendu après son investiture du 1er juin. C’est ce jour que le commissaire Charles Ceccaldi-Raynaud, déguisé en facteur et grâce à l’aide du syndicat des postiers, choisit de fuir les mesures de répression du colonel Godard, le redoutable chef de toutes les forces de police et de sécurité de l’Algérie. L’ordre est donné à tous les responsables militaires et de police d’enfermer le commissaire Ceccaldi dans le camp d’internement tristement célèbre « Alger Sahel », d’où on a peu de chance de revenir. On ne badine pas avec les tortionnaires et la seule voie reste la fuite, fuir pour sauver sa vie et son honneur. Nul n’est à l’abri dans cette sale guerre et n’importe qui peut voir sa vie basculer dans l’horreur.

En jetant un dernier regard sur la ville au fur et à mesure que le bateau s’en éloigne, Charles Ceccaldi-Raynaud revoit le film des évènements de ces quatre ans de guerre. Seuls les temps de révolution voient se mêler et se confondre la liberté et la vérité. Tel est le don de l’Algérie combattante à l’esprit de Ceccaldi-Raynaud. Telle est la lumière directrice qui a éclairé son parcours de commissaire de police exemplaire, solidement formé aux sources du droit et militant socialiste sincère. Son crédo a été de combattre le courant qui prolonge le drame colonial. En contemplant de loin la Casbah d’Alger cernée jusqu’à l’étouffement par les constructions européennes, on ne peut manquer d’évoquer le texte de Guy de Maupassant, dans « Alger à vol d’oiseau » publié en 1881 : « (…) Or, nous sommes restés des conquérants brutaux, maladroits, infatués de nos idées toutes faites. Nos mœurs imposées, nos maisons parisiennes, nos usages choquent sur ce sol comme des fautes grossières d’art, de sagesse et de compréhension. Tout ce que nous faisons semble un contresens, un défi à ce pays, non pas tant à ses habitants premiers qu’à la terre elle-même. »

Cinquante sept ans plus tard, Charles Ceccaldi-Raynaud nous livre son expérience dans un récit mémoriel au titre hautement évocateur « La guerre perdue d’Algérie » publié aux éditions Alfabarre. Des chefs-d’œuvre ont été écrits par de grands esprits qui se passionnés pour l’Algérie tels le Comte Henry de Castries, Isabelle Eberhardt, Etienne Dinet, Frantz Fanon, Germaine Tillon, Jacques Berque, etc. Le mouvement national a eu ses grands militants et ses sympathisants parmi les Européens et nous citerons l’exemple de l’anticolonialiste Victor Spielmann, fidèle compagnon de l’Emir Khaled et de Ferhat Abbas et à qui Cheikh Abdelhamid Ben Badis décerna le titre de « l’ange gardien (malâk hâriss) du peuple algérien ».

La guerre de libération a suscité un mouvement de solidarité active de tous les objecteurs de conscience parmi les militaires, les fonctionnaires, les médecins et les policiers. Il y a eu aussi la mobilisation des intellectuels français qui se sont érigé en porte-voix du peuple algérien dans son combat libérateur. De grands actes ont été accomplis pour dénoncer les affres du colonialisme et les atrocités de la guerre et surtout la torture. Au péril de leurs vies et au prix d’incessants procès, ces auteurs-militants ont veillé à éclairer l’opinion publique française et internationale sur la réalité douloureuse de cette guerre qui ne disait pas encore son nom.

Ce livre était attendu. Dans sa préface, Sadek Sellam estime judicieusement que « pour son courage et son humanisme, Ceccaldi-Raynaud mérite le titre de « Juste » de la guerre d’Algérie ». Le livre de Ceccaldi constitue assurément un acte fondateur en projetant une lumière sur cette catégorie jusque là inconnue des Justes de la guerre de libération nationale. Par sa parole libérée, cet acteur et ce témoin de la guerre de libération apporte de nouveaux éclairages sur la compréhension de la lutte contre l’ordre colonial.

Sa voie de Juste, Charles Ceccaldi-Raynaud la trouve dans les réponses qu’il tente d’apporter aux questions posées naguère par Emmanuel Kant pour mieux cerner cette « insociable sociabilité » de l’ordre colonial : « Que m’est-il permis d’espérer? Que puis-je connaître? Que dois-je faire? »

Ceccaldi se démarque de l’attitude de ses collègues aussi bien de la sureté générale que de la S.F.I.O. à l’égard de l’ordre colonial et de la politique de répression. De la lecture du livre se dégagent quatre idées essentielles qui constituent le fondement de base de sa pensée et de sa démarche :

1- La guerre d’Algérie ne s’est jamais interrompue de 1830 à 1962
2- L’impossibilité de rétablir l’ordre républicain par des moyens républicains
3- L’Algérie n’est pas la France
4- La paix passe par l’indépendance

Tels auraient pu être les termes de référence d’une politique de décolonisation des gouvernements français, aux fins d’assurer dans les meilleures conditions un désengagement de l’ordre colonial au profit d’un Etat algérien souverain et indépendant qui était le but ultime des Algériens dans leur processus révolutionnaire. Nous sommes loin des récits tyranniques sur l’apologie du colonialisme et de sa prétendue œuvre civilisatrice. Ceccaldi-Raynaud dévoile les grandes vérités qui étaient et qui sont restées partiellement interdites par les médias et les analyses.

Le grand effort de vérité est de rendre intelligible l’ordre colonial dans ses horreurs. Incontestablement, le fait générateur a été l’intégration de l’ordre colonial, qui est un désordre, au système politique, économique et militaire de la France. Ce qui s’est traduit par un prolongement territorial fictif, à travers ces trois fameux départements français, où toutes les valeurs et tous les principes de la république furent à jamais perdu. La population autochtone a été réduite à une infra humanité et le pays a été livré aux soldats et aux colons avec une implacable répartition des rôles : aux premiers incombe la répression aux méthodes génocidaires de la résistance du peuple algérien, aux seconds échoit l’accaparement des terres. Le tout orchestré selon les recommandations de Victor Hugo : « Algérie. La colonisation militaire doit couvrir et envelopper la colonisation civile comme la muraille couvre et enveloppe la cité. La colonisation militaire, c’est une muraille vivante. Quel meilleur obstacle continu qu’un camp français ? Mettez le soldat en avant du colon comme vous mettez un fer au bout d’une lance. » Incapable d’assurer l’égalité, la république française a laissé le système colonial s’imposer par la violence.

C’est contre cet ordre démoniaque que le peuple algérien n’a cessé de se soulever. C’est pour le maintien de cet ordre démoniaque que la France a mobilisé tous les moyens de renforcement. C’est ainsi que la république française est restée l’otage d’un puisant lobby colonial, qui pesait de tout son poids pour maintenir le statu quo, ni autonomie ni intégration, comme l’explique Ceccaldi-Raynaud.

Il aura fallu plus d’un siècle pour que le peuple algérien retrouve sa vitalité démographique et sa dynamique sociale pour déclencher le combat libérateur.

Après les massacres de mai 1945, le démantèlement de l’OS, la crise du MTLD et le trucage des élections, l’administration coloniale était convaincue d’être parvenu à faire régner l’ordre en Algérie. L’ensemble des services de renseignement œuvrent à un strict contrôle des Algériens et de leurs mouvements politiques, culturels, sociaux avec un usage généralisé de la torture : DST, police judiciaire, police administrative, renseignements généraux, gendarmerie, deuxième bureau (renseignement militaire), SLNA (parallèle au 2ème bureau), SDECE. Toute cette armada est restée sourde et aveugle devant l’ampleur des signes avant-coureurs et toute cette agitation à la veille du 1er novembre 1954. Qu’on en juge : entre octobre 1953 et octobre 1954, le bilan fait état de 53 attentats dirigés principalement contre les forces de l’ordre, les infrastructures de transport et les civils européens. Ces attentats sont souvent perçus comme des actes de banditisme car l’administration coloniale est convaincue d’avoir réussi à asservir le peuple algérien et à briser sa volonté de se redresser. « Mais que savait-on alors des aspirations des Algériens à la liberté ? » s’interroge Jean-Charles Jauffret. Or, c’est dans ce domaine invisible et inconnu que résidait l’essentiel de la vie politique du peuple algérien.

Le 1er novembre 1954 n’a pas surpris par l’ampleur des attentats, il a donné toute la mesure des ambitieux de la nouvelle élite en qui le peuple algérien fera totalement confiance. Désormais, le mouvement national dispose d’une doctrine et d’une stratégie de libération, il donne sens concret au désir du peuple algérien de s’ériger en nation, de construire un Etat moderne et performant, capable de mener le développement et de s’insérer sans heurt dans le système des relations internationales.

La France républicaine et coloniale répond par la guerre totale non pas seulement contre les combattants mais contre tout le peuple algérien qui s’est érigé en chaine de solidarité et de soutien logistique. Et c’est dans cette folie meurtrière de guerre totale que s’est achevé le règne de l’ordre colonial en Algérie. Un grand spécialiste de la guerre subversive, le colonel Roger Trinquier, explique aux journalistes américains la stratégie de la terreur : « Dites que je suis un fasciste, mais nous devons rendre la population docile, facile à conduire. Nous ne saurions gagner cette guerre à moins d’utiliser des méthodes dures. Il nous faut modifier notre attitude face à cette guerre. Nous devons organiser la population et la maintenir organisée. Les méthodes douces que nous avons appliquées à ce pays ne nous mèneront nulle part ». En stimulateur de conscience, Malek Bennabi alertait l’opinion internationale par son « SOS Algérie » : « Le langage est clair : il faut briser la volonté de résistance populaire en la détruisant physiologiquement dans la chair même du peuple par la torture. Il [Robert Lacoste, ministre résident à Alger] ne demande pas des soldats, il veut des charcutiers. »

Dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, Charles Ceccaldi-Raynaud va se heurter à cette stratégie de la terreur : torture, contre-guérilla, embrigadement des populations, guerre subversive, guerre non conventionnelle, infiltrations, justice expéditive, centres d’internement, massacres, etc. Son engagement était dangereux aussi bien pour sa carrière que pour sa vie : critique, dénonciation, aide et assistance. Il relève tous les paradoxes entre le droit et la loi, entre les lumières de la révolution française et l’enténèbrement de l’ordre colonial, entre la morale et l’hypocrisie des dirigeants politiques, entre l’honneur et la bestialité des forces de l’ordre. C’est à travers cette grille de lecture qu’il passe en revue les évènements de la guerre d’Algérie dans ses deux principales parties : 1954-1958 et 1958-1962. Tous ces évènements donnent la mesure de la désillusion des dirigeants français, toutes tendances confondues, au sujet de la chimérique Algérie française. Par acquis de conscience et pour son honneur, Charles Ceccaldi-Raynaud aborde des aspects que les Français ont du mal à imaginer aujourd’hui.

On relèvera d’abord le durcissement de l’état d’exception de l’ordre colonial. Les ségrégations établies ont été aggravées par les dispositifs des pouvoirs spéciaux et de la légalisation des camps d’internement. C’est comme si, par les reflux de l’histoire, la France s’intégrait dans l’Algérie coloniale, reniant ses principes et ses valeurs. Depuis Napoléon III, la France officielle doit beaucoup aux affairistes du grand colonat.

Les pouvoirs spéciaux permettent à l’appareil répressif d’agir en toute impunité en dehors de la légalité, sans se référer ni au parlement ni à la justice. « Le gouvernement disposera en Algérie des pouvoirs les plus étendus pour prendre toutes les mesures exceptionnelles commandées par les circonstances, en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire ». Tel est l’objet de la loi qui fut adopté à l’Assemblée nationale, le 12 mars 1956, par 455 voix, y compris celles des 146 députés du Parti Communiste Français, contre 76.

Dans cet aveuglement, les évènements se précipitent. Le dispositif s’avère inefficace et même contre-productif. L’ampleur des massacres renforce la révolution algérienne où l’indépendance devient le but suprême. En l’absence de débat démocratique sur la question algérienne, la IVè République s’écroule et par un coup d’état surgit la Vè République, fondée sur le seul souci de renforcer les pouvoirs de l’exécutif dans le but de conserver l’Algérie française. Ce déni de justice et de liberté sera maintenu jusqu’au bout. L’OAS et ses méthodes criminelles paracheva la désillusion. Pour la France, la guerre est perdue mais elle s’obstine à voir dans l’indépendance de l’Algérie l’aboutissement du processus révolutionnaire du mouvement national. Pour preuve, refusant de considérer le FLN comme le représentant unique et légitime du peuple algérien, le gouvernement français s’abstient de parapher les négociations d’Evian qui ne deviendront officiels que par le référendum du 8 avril 1962. Pour aggraver ce refus de reconnaissance de légitimité et de souveraineté, on est allé imaginer une singulière procédure de passation au profit d’uns structure ad-hoc, l’Exécutif provisoire, pour éviter le transfert de souveraineté au GPRA. C’était le cadeau empoisonné de Charles de Gaulle dont l’Algérie ne cesse de payer les conséquences désastreuses.

Charles Ceccaldi-Raynaud a été à l’avant-garde non seulement dans la dénonciation de la torture mais aussi dans la sanction des fonctionnaires de police. Déjà en 1951, Claude Bourdet, ancien membre du Conseil National de la Résistance, publie dans L’Observateur à la suite des conditions du démantèlement de l’OS, un article intitulé « Y a-t-il une Gestapo algérienne ? ». Il y dénonce l’usage de la torture par la police et la complicité des magistrats. Par un autre article « Votre Gestapo d’Algérie », publié en 1955, il relance le débat. C’est dire à quel point la torture en Algérie a été généralisée et même institutionnalisée.

Dès le début de la guerre éclata l’affaire Kacem Zeddour, un cadre militant du mouvement national mort de torture dans les locaux de la DST d’Alger. Aussitôt, en accord avec Jean Vaujour, directeur de la sécurité générale de l’Algérie, un scénario fut monté pour camoufler le crime. Le cadavre de Zeddour, lesté de fonte et jeté à la mer, fut découvert à l’embouchure de l’Oued Hamiz à l’est d’Alger. La gendarmerie a immédiatement ouvert une information qui a été arrêté par la DST. On déclara qu’il s’agissait d’un marin nordique ayant péri en mer et qui fut enterré dans une fosse commune du cimetière chrétien de Fort de l’Eau. On annonce la fuite de Kacem Zeddour et le tribunal correctionnel d’Alger le condamne par contumace à une forte amende.

Il a fallu une année pour que la vérité éclate, grâce à l’engagement de Charles Ceccaldi-Raynaud, qui alerta la tutelle pour sanctionner les policiers tortionnaires (Longchamps et Loffredo) et assura à la famille Zeddour un soutien et une assistance dans les procédures judiciaires. L’affaire est montée au plus haut niveau de l’édifice institutionnel, au cabinet du Président de la république René Coty, aux Présidents du Conseil des ministres, Pierre Mendès-France, Edgar Faure et Guy Mollet, aux directeurs de la sureté en France et en Algérie Jean Mairey et Jean Vaujour ainsi qu’après de l’ensemble des députés.

L’affaire se termina par un non-lieu, car de bout en bout planait l’ombre du ministre de l’intérieur Mitterrand par qui l’affaire partit puisque la DST d’Alger était sous son autorité directe. De même qu’il se retrouva ministre de la justice dans le gouvernement de Guy Mollet quand l’affaire fut enrôlé et qu’il pesa de tout son poids pour la faire aboutir à un non-lieu.

Kacem Zedour était de la nouvelle génération du mouvement national, intégrant et dépassant les précédentes générations de l’idéal révolutionnaire et de l’action révolutionnaire. Nous sommes à l’ère de la stratégie révolutionnaire, avec des militants déterminés, qui préparent, avec efficacité et dans le secret absolu, la lutte finale pour le recouvrement de l’identité et la reconquête de la souveraineté. Il a joué un rôle pivot dans la coordination entre les trois centres de décision : l’Algérie, l’Egypte et la France.

Ait-Ahmed évoque son souvenir dans ses « Mémoires d’un combattant » : « L’aéroport du Caire baigne dans les rougeoiements du soleil couchant. (…) Je suis accueilli par trois camarades : Chadli Mekki, délégué du PPA au Caire depuis 1945 ; Mohamed Khider, l’ancien député d’Alger ; Kacem Zidoun, un étudiant originaire d’Oran, qui prépare une licence de lettres à la faculté, justement renommée, de Dar el-Ouloum. De tous les personnages que les évènements vont faire entrer en scène au Caire, Zidoun est celui qui disparaîtra le premier, dans des circonstances tragiques, au lendemain du 1er novembre 1954, jour du déclenchement de la guerre de libération.

Possédant une double culture, française et arabe, et une excellente formation acquis en Algérie au sein du PPA-MTLD, il nous fera bénéficier de sa bonne connaissance des milieux politiques égyptiens. »

Toujours la torture, à grande échelle dans ce qui s’apparente aux camps d’extermination des nazis. Interdits en France, les camps d’internement ont toujours constitué un dispositif courant en Algérie. Il s’agit d’un emprisonnement administratif et arbitraire, sans aucune procédure judiciaire, souvent dans des conditions atroces. Durant la guerre d’Algérie, les camps explosent, y sont entassés des suspects ou de simples prévenus, en attendant d’être fichés, interrogés, torturés et même tués.

Charles Ceccaldi-Raynaud est nommé par Paul Teitgen, le secrétaire général de la préfecture d’Alger, administrateur au centre de Beni Messous. Il n’y reste que quinze jours à cause de l’insoutenable ambiance. Prévu pour accueillir 350 personnes, les militaires n’hésitent pas à y emmener 1.000 personnes. C’est alors que Ceccaldi-Raynaud prit la décision de n’en retenir qu’au prorata des capacités d’accueil, le reste fut libéré, provoquant la rage des militaires. De même qu’il ne manqua pas d’instaurer une procédure de traçabilité des déplacements des pauvres malheureux, surtout quand ils sont acheminés vers les centres de torture. Un des habitués du centre de Beni Messous est le sinistre commandant Aussaresses.

C’était Pierre Rossi qui nous édifiait sur les horreurs de la torture : « Tout homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition. La fraternité n’est pas seulement un commandement d’ordre moral. Elle est aussi et surtout une communion substantielle. C’est pourquoi si la victime de la torture est déchirée dans sa chair et dans son âme, son bourreau, quant à lui, s’exclut de l’espèce humaine. »

Un hommage est rendu à Williams Lévy, un juif d’Alger. Militant socialiste, il lutte pour une Algérie fraternelle. L’un de ses fils est tué par erreur par un combattant FLN. Il sera assassiné par les tueurs de l’OAS. La famille Lévy restera l’exemple des drames humains de la guerre d’Algérie. Charles Ceccaldi-Raynaud nous donne ici l’occasion d’aborder un sujet méconnu, celui des juifs d’Algérie dans le mouvement national. Pour la colonisation, il s’agit d’un succès en matière d’intégration et de francisation des indigènes du Maghreb. Cette émancipation a été menée dans le strict intérêt de la colonisation. Ce qui explique l’adhésion d’une infime minorité des juifs d’Algérie dans le mouvement national et dans la guerre de libération, on en a dénombré à peine un millier. Mais rien n’autorise que leur combat soit occulté dans l’histoire du mouvement national.

En janvier 1956, Charles Ceccaldi-Raynaud rencontre Albert Camus à l’occasion d’un voyage de l’écrivain à Alger après une longue absence. Après avoir quitté l’Algérie en 1942, il fit un voyage éclair du 18 avril au 7 mai 1945. C’est à Paris qu’il prit connaissance des évènements tragiques du 8 mai dans le Constantinois. Il laisse l’image d’un homme tourmenté, aux idées déconnectées de la réalité mais viscéralement rattaché à l’Algérie française. Un parallèle est fait avec Jean Amrouche, dont la vision cadre mieux avec les réalités et les perspectives.

Dans une lettre adressée à Jules Roy le 6 août 1955, Jean Amrouche écrivait : « J’ai lu deux articles sur l’Algérie qu’il [Camus] a donnés à L’Express. Il y a de justes remarques. Mais quant aux solutions qu’il préconise, je n’y crois pas. Le mal est beaucoup plus profond à mon avis. Il n’y a pas d’accord possible entre autochtones et Français d’Algérie. Il serait très long de l’exposer ici, un volume y suffirait à peine. En un mot, je ne crois plus à l’Algérie française. Les hommes de mon espèce sont des monstres, des erreurs de l’histoire. Il y aura un peuple algérien parlant arabe, alimentant sa pensée, ses songes, aux sources de l’Islam, ou il n’y aura rien. Ceux qui pensent autrement retardent d’une centaine d’années. Le peuple algérien se trompe sans doute, mais ce qu’il veut obscurément, c’est constituer une vraie nation, qui puisse être pour chacun de ses fils une patrie naturelle et non pas une patrie d’adoption. »

Déjà au lendemain des massacres du 8 mai 1945, Jean Amrouche diverge fondamentalement avec Albert Camus. Dans un long article au titre hautement significatif : « Les Algériens veulent-ils ou ne veulent-ils pas rester français ? » rédigé après un long périple de six semaines, de Tunis à Alger en passant par Sétif, Constantine, Tizi-Ouzou, Ighil-Ali. Il dénonce sévèrement le système colonial. Albert Camus, qui était rédacteur en chef du journal Combat refusa la publication de l’article de Jean Amrouche parce que ses écrits sur ce thème étaient en faveur de la colonisation.

Plus qu’un genre littéraire, le livre de Charles Ceccaldi-Raynaud peut être considéré comme un courant fondateur d’une réécriture de l’histoire de la colonisation susceptible d’être aisément partagée par les Algériens et les Français. Un courant fondateur de l’écriture d’une histoire commune qui sera le prélude à une véritable réconciliation algéro-française.

Merci à Charles Ceccaldi-Raynaud, qui a, en toute conscience, agi en Juste, apporté son aide à des familles en détresse, a sauvé des Algériens des camps de la mort, a su, pu et voulu élever la voix pour dénoncer les crimes de la colonisation. Les Algériens retrouvent en lui un ami et un frère.

Il serait hautement souhaitable que les autorités algériennes pensent à instituer une médaille de reconnaissance de ces actes de bravoure.

Brahim Zeddour

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La guerre perdue d'Algérie C Disponible aux éditions ALFABARRE, prochainement accessible à la FNAC et également à la librairie L’ AMANDIER, « La guerre perdue d’ Algérie » de Charles Ceccaldi-Raynaud apporte un témoignage utile à l’histoire de la guerre d’Algérie. Dans une période où les extrémismes et l’intolérance croissent, il faut saluer celui qui a su s’opposer à l’aveuglement de son parti, au nom de la fraternité. L’historien, spécialiste de la période et islamologue Sadek Sellam a préfacé le livre. Il y qualifie notamment Charles Ceccaldi de Juste : « Pour son courage et son humanisme, Charles Ceccaldi-Raynaud mérite le titre de « Juste » de la Guerre d’Algérie, comme ceux qui firent preuve de bravoure et de fraternité humaine durant la deuxième guerre mondiale » MONDEAFRIQUE, fondé par le journaliste d’investigation Nicolas Beau évoque « Le Commissaire Ceccaldi-Raynaud qui dénonçait la torture en Algérie » Voir ci-dessous : http://mondafrique.com/lire/societe/2015/02/24/lorsque-le-commissaire-ceccaldi-raynaud-denoncait-la-torture-en-algerie et les commentaires

24 Commentaires

faouzi

La gauche veut accabler la droite en célébrant ostensiblement le 17 octobre 1961, dont un pouvoir de droite s’était rendu coupable. Ceccaldi et Sellam viennent rappeler les responsabilités écrasantes de la gauche coloniale et spécialement de F. Mitterrand. Qu’ils soient remercier

xavier

Oui, les néo-socialistes ont diabolisé Guy Mollet pour mieux occulter les fautes gravissimes commisses par Mitterrand en Algérie, à des fins de carrière

abel

Faire enchaîner les pieds des condamnés à mort algériens: c’est une honte pour le faux humaniste Mitterrand

Max Bio

Oh la France des droits de l’homme,qui donne des leçons….et elle a oublier ou elle refuse de regarder son passée colonial atroces…plein de sang sur leurs mains. Vive, la liberté . Merci aux héros du novembre 54.

Nanker

“Oh la France des droits de l’homme, qui donne des leçons… et elle a oublié ou elle refuse de regarder son passé colonial atroce… plein de sang sur leurs (sic) mains. Vive, la liberté. Merci aux héros de novembre 54” Mouais on peut aussi objecter que les héros de 1954 sont, en 1962, devenus les bourreaux du peuple algérien, en le maintenant dans une état de sujétion abjecte digne de la colonisation. Et là, les Français n’y sont pour rien… A quand la seconde décolonisation de l’Algérie et la libération de son peuple? La bien-pensance tiers-mondiste ne doti empêcher de regarder les choses en face. l’Algérie est un pays immensément riche dont les habitants sont puavres : cherchez l’erreur et elle n’est forcément à chercher du côté français. M. Beau, Charles Ceccaldi-Raynaud étant (à 90 ans!) toujours de ce monde, ne serait-il pas malin d’aller l’interviewer pour MA sur les années 1951-53? Moi j’dis ça j’dis rien…

bertrand

Ceccaldi-Raynaud aurait dû mériter au moins un chapitre dans le livre de Raphaëlle Branche sur la torture en Algérie. Or, son nom n’est même pas cité! Cela en dit long sur le poids de l’idéologie dans les études historiques sur la guerre d’Algérie.

sylvain

R. Branche avait comme protecteur P. Vidal-Naquet. En omettant de citer Ceccaldi-Raynaud, elle voulait sans doute éviter de heurter l’historien-moraliste de le heurter par la mention d’un ex-socialiste passé au gaullisme (qui n’était pas la tasse de thé de Vidal-Naquet) pour ne pas changer sur l’Algérie

abdel

Et Stora? Qu’est-ce qui l’a empêché de citer Ceccaldi dans ses loivres?

Jacques

Branche et Stora obéissent, dans leurs recherches, à des impératifs peu scientifiques liés à l’idéologie, à la politique, à la politique politicienne et, surtout, aux plans de carrière…

xavier

Et pourquoi ces considérations extra-scientifiques pèsent-elles de tout leur poids uniquement chez les historiens de la guerre d’Algérie?

amel

Stora faisait partie des historiens politisés qui appelaient à célébrer ostensiblement le 17. 10. 1961 pour rappeler les responsabilités de Frey et Debré et faire oublier celles de Mitterrand. Il n’allait pas citer Ceccaldi dont le nom renvoie à l’affaire Zeddour qui avait été étouffée par le Garde des Sceaux de Guy Mollet.

hadj attou

en 1962 STORA et SELLAM venaient tout juste de terminer le deuxième trimestre de la classe de sixième;ils n’ont donc fait que rapporter ce qui leur a été dicté.

Stella

Non seulement C Ceccaldi a été omis dans les livres de la période citée, mais en sus…Certains l’ont diffamé en prétendant que son départ d’Algérie aurait été imputable à des menaces du FLN algérien, alors qu’il y a bien eu un ordre d’arrestation du Colonel Godard le ciblant…Pour l’enfermer à Alger Sahel. C’est donc justice que M. Sellam rétablisse la vérité sur ce point, et que M. Beau ait l’audace intellectuelle d’éditer ce support de libre expression.

mohand

Dans le numéro 3 de “Guerre d’Algérie Magazine”, de mai-juin 2002, Raphaëlle Branche écrit à la page 14: “On a la trace dans les archives de Guy Mollet de lettres envoyées par des membres de la SFIO d’Alger prévenant le “camarade” président du Conseil des méthodes employées par les hommes du général Massu…” Ces lettres et rapports furent envoyés par Charles Ceccaldi-Raynaud, et étaient signées par lui comme le montrent Mes Vergès et Zavrian qui les ont reproduits honnêtement, en citant leur auteur, dans “les Disparus”, publié en 1959. Qu’est-ce qui a empêché R. Branche d’être aussi honnête?

alexis

Stora a veillé à préserver la mémoire de Mitterrand, peut-être plus que les néo-socialistes comme Joxe et Chevènement. Il ne s’est vraiment libéré qu’à la publication avec un journaliste du livre sur les condamnés à mort algériens exécutés après le refus de leur grâce par le garde des Sceaux de Guy Mollet. Libération mesurée puisqu’il divise par 3 le nombre de ces suppliciés, souvent innocents que Mitterrand aurait pu maintenir en vie s’il avait vraiment “humaniste”, à défaut d’être socialiste.

amar

Stora a fait partie des Trotskystes qui trahirent Lambert pour rallier le PS après 1981; son engagement politique a rejailli sur les sélections des faits et leur interprétation en fonction de sa révérence et de sa reconnaissance pour le président Mitterrand qu’il savait gêné par sa belliqueuse politique algérienne. Hadj Attou a tort de le mettre dans le même sac que Sellam…

bastien

Il n’y aucune comparaison entre sellam et Stora, un historien-idéologue, qui fait surtout de la communication en attendant des postes administratifs. Hadj Attou devrait le savoir.

albert

Le PS devrait donner l’exemple en demandant pardon au peuple algérien pour les crimes couverts par Mitterrand

akli

Ce n’est pas Cambadélis qui fera cette repentance au nom de ses camarades socialistes; car il fit partie, avec Stora, des Lambertistes qui préparaient la trahison de Lambert en négociant secrètement leur ralliement au sous-courant Jospin avec le “Vieux” (alias Mitterrand).

tassadit

Il ne faut pas utiliser le mot “repentance” qui vient du langage clérical. Le laïcisme à fleur de peau des camarades socialistes devraient être ménagé. Des excuses présentées au peuple algérien suffiraient

khaled

Stora et Cambadélis furent en effet les artisans de la trahison de Lambert au profit du sous-courant Jospin (1 ex-lambertiste aussi). Mais ce n’est plus la bonne entente entre les deux ex-camarades, puisque Camba a boudé l’inauguration par Hollande du “musée de l’immigration” avec 7 ans (presque la durée de la guerre d’Algérie)de retard

claire

L’intérêt pour l’Algérie de Stora et de cambadélis pour l’Algérie dépend beaucoup du prix du baril de pétrole. Comme d’autres camarades socialistes ne s’intéressent à ce pays qu’en pensant aux contrats (qui ne vont pas sans commissions, ni rétrocommissions) pour l’exploitation du gaz de schiste dans cette ex-colonie, alors que les Verts interdisent cette exploitation dans l’héxagone. C’est Stora qui a déclaré un jour que pour lui, “l’Algérie, c’est un marché!”(sic)

jeanne

Il faut revenir à ceccaldi-Raynaud et à “l’oubli” de citer son nom par Branche et Stora; La partialité de Stora (qui a écrit sur la “dernière génération d’octobre” pour mieux rompre avec ses idéaux de jeunesse)doit avoir des raisons idéologiques et affairistes comme celles citées; mais Branche évite de citer des noms par crainte de voir révéler celui du colonel Branche qui sévissait entre Vialar et Tiaret? Son intérêt pour l’Algérie aurait-il pour origine la parenté avec ce tortionnaire?

Anonyme

On parle à chaque fois de torture en Algérie mais aucun historien ou journalistes d’investigation n’ont citer la VILLA MAHIEDDINE qui est un lieu de torture ou l’ont ramener chaque soir des pauvres indigènes dans des camions bachés qu’on torturé dans la nuit,j’habitais à deux pas du SAS (VILLA MAHIEDDINE) vers 1 heures deux heures du matin on entendaient les cris vers quatre heurs cinq heures du matin plus de cri. Mon frère ainée à été arreté  et libéré ils nous a raconter les atrocités que subissaient les pauvres innocents parmi les tortionnaires il y avait Rachid TEMASSITI et d’autres harki très connus dans le quartier ils ont tous quitter l’Algérie en 1962 quand à Rachid TEMASSITI et ABDELKADER ils sont restés en Algérie en quittant le quartier. Dans ce meme lieu de torture très célèbre et dont personne ne parle, une fois que les militaires Français ont quitter les lieux, on a pu pénétrer à l’intérieur de cette caserne (Villa MAHIEIDDINE) les murs étaient tous tachés de sang et quelques mois après nous enfants de 9, 10 et 12 à cette époque on jouaient derrière le mur de ce lieu de torture certains gamins en grattant dans la terre ils ont découvert le corps d’un homme enterré avec ces vetement un pull en laine marron moucheté de noir, tous ces vetements intacts ces cheveux noirs ils ont trouvé sur lui une boite à chiquer BENCHICOU et le paquet de papiers fin pour envelopper le tabac neuve aucune rouille sur la boite (c’est la police qui l’a déterrer). Donc dans cette Villa les pauvres malheureux qui arrivent en pleine nuit ne resortiront jamais, à mon avis l’état Algériens est complice surtout qu’ils ont laisser ce lieu historique à l’abandon total au lieu de faire des fouilles et réhabiliter cette VILLA aux milles secrets ne serait que l’histoire. S’il font des fouilles je suis convaincu qu’ils vont trouver pas mal de corps car c’est un lieu réputé par la torture.

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Hier, Stéphane Vazia, élu PS, qui avait déposé une requête en juillet dernier, a pu obtenir un jugement du TA de Cergy, imposant la mise en conformité du règlement intérieur, adopté après les dernières élections. De quoi s’agit-il ? Lors de la précédente mandature, en 2012, élue DVD, j’avais obtenu confirmation du Préfet de l’irrégularité de plusieurs points du règlement intérieur, notamment le principe de proportionnalité de l’espace dédié à l’expression de l’opposition, comme de l’impossibilité de s’opposer à l’enregistrement des séances, ou la non validité de la notion de groupe). J’avais alors déposé une requête au Tribunal Administratif de Cergy, qui pouvait se prononcer ou non, dans la mesure où la requête était adressée passé le délai des deux mois de saisine, mais lesdits délais n’étaient alors mentionnés sur aucune délibération/acte/règlement du Conseil Municipal. Ils ne l’ont été qu’à compter d’octobre 2012, suite à ma remarque adressée au Préfet, ce qui justifiait une saisine a posteriori. C’est pourquoi, même si j’avais parfaitement raison sur le fond, cela n’a pas été jugé en 2013. Il s’agit tout d’abord de l’espace d’expression laissé aux élus d’opposition. Lors de la mandature de Charles Ceccaldi, le parti socialiste avait une demi-page d’expression et le journal municipal comptait une trentaine de pages. Actuellement, le Puteaux Info compte entre 90 et 100 pages, et le même espace est dévolu aux élus d’opposition qui  partagent cette étroite demi-page entre 4 sensibilités différentes. Ces sensibilités politiques ont donc, chacune,  un quart de demi-page! Tout lecteur du journal municipal aura remarqué le caractère illisible des textes de l’opposition. Il y a donc violation du principe de proportionnalité. Le droit d’expression des élus d’opposition doit leur permettre de défendre des idées, de faire valoir des points de vue. La non accessibilité du fait de son caractère rétréci porte atteinte à cette liberté fondamentale. Qu’a donc à craindre, si fébrilement, l’actuelle majorité à accorder un espace légal aux élus de l’opposition,  lisible des électeurs sur un support distribué à tous? Une police de caractère d’imprimerie qui discrimine l’accès au contenu défendu par l’opposition Le règlement intérieur permet actuellement un autre abus dans l’irrespect du droit à l’expression des conseillers d’opposition, en permettant au Maire de diffuser les tribunes des membres de l’opposition dans une police de caractère si illisible que les putéoliens se plaignent d’avoir à prendre une loupe pour en lire le contenu. Le Maire prend appui sur le fait qu’une demi-page suffirait pour la publication de l’ensemble des tribunes des composantes de l’opposition. Or cet espace doit être apprécié en fonction du volume de publication du bulletin général et surtout en fonction du droit à l’expression des conseillers d’opposition qui consiste à pouvoir pour chacun, défendre un point de vue. Si la publication est en caractère illisible, ladite position ne peut être défendue, et il y a abus. En effet, cela révèlerait d’ un abus caractérisé ( TA Nice, 15/12/2008, commune de Menton/c Mme Gerard et Menton démocratie n° 0806670), puisque l’espace qui doit être dédié aux élus d’opposition doit leur permettre de défendre leur position, en étant proportionnel au volume du bulletin d’information général publié d’une part, en ne discriminant pas la visibilité de ladite position en fonction du nombre de voix obtenues lors d’un scrutin d’autre part. Il y a un abus au sens où le droit à l’expression des conseillers d’opposition est compromis par l’utilisation d’une police de caractère inadaptée, créant une discrimination dans la diffusion et la possibilité de lire ledit message. Le second point concerne la liberté de filmer sans restriction le Conseil Municipal. Sur ce point, j’avais obtenu confirmation de la Préfecture, en 2012, que le Maire ne pouvait en aucun cas s’opposer à ces enregistrements. Enfin la notion de groupe non applicable à des villes de notre ampleur, qui était utilisée pour réserver la prise de parole aux groupes…Et non, comme il est conforme au droit, à tout élu n’appartenant pas à la majorité. Il faut saluer cette injonction de mise en conformité, qui permettra une plus grande liberté d’expression et donc le pluralisme en acte, à Puteaux. En revanche, on ne peut que constater qu’en l’espace de deux mois, l’actuelle majorité a été rappelée à l’ordre plus de 3 fois pour manquement au respect du droit ou des usages. Ainsi, de la tarification de l’accès à l’île de Puteaux, de la non concertation préalable de la DRAC pour les travaux jugés nécessaires dans la Vieille Eglise, et donc de ce règlement intérieur adopté en 2014, deux ans après que le précédent Préfet des Hauts de Seine se soit pourtant exprimé sur la question. Qu’en conclure ? L’égalité de considération et la liberté d’expression sont sœurs. Nuire à l’une, c’est nuire à l’autre. Puteaux n’est pas un empire dans un empire, à l’abri de l’application du droit ou des règles. La gestion de Charles Ceccaldi-Raynaud, qui invitait les élus d’opposition, comme il se doit, dans toute manifestation, et leur laissait un espace d’expression proportionnel au volume du bulletin municipal, ou encore son action dans la sauvegarde de la Vieille Eglise et son classement, comme sa consultation préalable des instances de rattachement avant toute réalisation témoignait d’une gestion rigoureuse, et exempte d’amateurisme. En ce sens amalgamer sa gestion et celle de l’actuelle Mairesse n’est pas fondé. Les élus de la majorité ne peuvent plus faire l’autruche. Un sursaut de conscience s’impose. Ci-dessous les liens vers mes articles et interventions entre 2012 et 2013 relatifs aux droits de l’opposition : https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/12/24/lettre-au-prefet-des-hauts-de-seine/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2013/01/15/reponse-du-prefet/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2013/02/10/le-couvercle-au-pot/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/09/08/du-respect-des-libertes-a-puteaux/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/07/11/pour-une-diffusion-en-direct-du-conseil-municipal-de-puteaux/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/07/24/inacessibilite-des-videos-du-conseil-muncipal/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/07/13/article-du-parisien-sur-ma-demande-de-diffusion-en-direct-du-conseil-municipal/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2014/07/11/du-droit-de-filmer-les-seances-du-conseil-municipal/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2013/02/01/report-du-conseil-municipal-faute-de-convocation-reguliere/ https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/10/11/conseil-municipal-du-17-octobre-et-fiabilite-des-retranscriptions/ Le lien vers le site socialiste où est consultable le jugement http://www.puteauxunevilledavance.fr/communiques/notre-victoire-devant-le-tribunal-la-mairie-de-puteaux-ne-respectait-pas-les-droits-de-lopposition/

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Photovoeux2014Photo non reproductible. Boulevard Richard Wallace pris des hauteurs de la gare.

EN 2014, nous vous souhaitons des voeux de santé, de partage et d’édification.

Depuis la Gare

Par le grand Boulevard

Au pont de Puteaux

Le soleil se mire dans l’eau

Anciens et nouveaux

Chantent le renouveau

Au jour de l’an nouveau

Finis, les vieux fléaux

Charles Ceccaldi-Raynaud, 1er janvier 2014

Aucune reproduction autorisée

 

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Le tableau ci-dessous présente les données relatives aux expulsions autorisées de 2008 à 2013 dans le parc HLM, et celles des expulsions réalisées effectivement recensées.
2008

2008 2009 2010 2011 2012 2013
6

6

5

3

8

5

21

21

22

13

82

On peut être surpris par le pic d’expulsions autorisées en 2011 et 2012, mais plus encore par le fait que l’intégralité des expulsions autorisées ont été effectivement réalisées en 2011.

Les expulsions effectivement réalisées sont en caractère gras.

Quel fut donc le rôle de l’adjointe en charge des affaires sociales qui a rejoint le groupe de Monsieur Grébert au Conseil Municipal? Autant dire que lorsque la totalité des expulsions autorisées sont réalisées, c’est qu’il y a une faille de l’accompagnement des services sociaux. Ne parlons pas de ceux qui ont reçu en pleine canicule un courrier les invitant à « appeler le 115 s’ils n’avaient pas de solution de relogement ».

Une autre colistière de Monsieur Grébert, candidat aux municipales de 2014, a elle-même fait l’objet d’une expulsion. Sont-ce Monsieur Grébert et Madame Cancelloni qui l’auraient extraite de sa condition précaire? Nullement. Une personne qu’ils n’ont de cesse de dénigrer a eu l’humanité de le faire. Le reconnaître ne déshonorerait personne.

On distingue les  candidats qui se trouvent toujours des excuses de ceux qui trouvent des solutions.

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Des putéoliens marchent vers l’action juste (Tribune de septembre)

Les idées viennent en marchant, comme se plaisait à l’écrire Nietzsche. Le philosophe voulait des idées « qui se puissent danser ».

L‘action ne peut être déconnectée de l’idée. L’idée précède l’action. La vision guide l’action.

A l’initiative d’un groupe de putéoliens, la première marche philosophique de notre ville, a été organisée en juin dernier.

Une trentaine de participants, de tous horizons, ne se sont pas contentés de refaire passivement le monde, mais ont ouvert un autre chemin possible.

La marche citoyenne était cadencée par l’idée de l’action juste.

Qu’est-ce que, concrètement, une action juste ? Une action peut-elle être indéniablement juste, juste en elle-même (acceptée de tous comme étant juste) ? Ou le choix de l’action juste est-il toujours le fruit d’un arbitrage partial ?

En acte, la prise en charge des fournitures scolaires, par la ville, pour les élèves du primaire, instaurée par Charles Ceccaldi-Raynaud, participe d’une égalité de considération de chaque enfant. C’est une action juste. En effet, si l’on opte pour le « voile d’ignorance » de Rawls, c’est-à-dire l’occultation volontaire de sa position dans la société, on ne peut que reconnaître que cette mesure est juste.

La tenue à l’écart des élus d’opposition des cérémonies de vœux participe d’une partialité étrangère à l’égalité républicaine.

Une marche philosophique se tiendra chaque mois, les comptes rendus seront publiés sur le site des putéoliens qui en sont à l’initiative.

Que cette rentrée permette à chacun de concrétiser ses objectifs personnels, avec la liberté d’initiative nécessaire, et l’ égalité de considération essentielle.

La liberté s’ancre dans l’égalité.

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« Je lis et relis souvent le programme de Charles Ceccaldi-Raynaud,  je possède le doc publié par Charles Ceccaldi et je regrette que la gauche ne l ai pas rédige..Utopiste, mais visionnaire. »

Stéphane VAZIA Candidat du Parti Socialiste à Puteaux

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Selon l’origine du mot, l’Algérie est une île. Au nord, les plaines liquides. Au Sud, les plaines de sable.

Infini des mers, infini des terres, infini de la violence.

Algérie berbère, Algérie romaine, Algérie hilalienne, Algérie française hurlée sur trois longues, deux brèves, Algérie algérienne. Retour triomphant du croissant impérieux, après l’astre romain et l’étoile chrétienne. Une guerre achevée, une autre commence.

La haine jaillit de toutes les profondeurs d’un Vésuve de fanatisme sauvage. On est tenté de maudire. Mieux vaut ne pas souhaiter le pire.

Nos moeurs empruntent des chemins plus paisibles. Avocat de lui-même, comme Socrate, Bernard Tapie paraît à l’étroit dans son costume clair. Il ne manque pas d’étoffe, mais la parole n’est pas son métier. Il fait valser les millions et les milliards. Il termine avec des mots qui rentrent plus qu’ils ne sortent.

Les athéniens disposaient de deux toupies pour voter. D’une main je tourne la clef, de l’autre, j’enfonce le plot du oui. Mon regard se porte sur les hauteurs de l’ hémicycle bondé. La corrida a fait recette. Celui qui s’est tu s’est affaissé plus qu’il ne s’est assis. Il est pâle et figé. On dirait une statue de la mort. Un sentiment de compassion m’envahit. Trop tard. Mes doigts meurtris ont obéi à ma volonté.

En Algérie, ni trêve, ni débat. Une fois encore, dans son histoire, elle fait penser au récit de Virgile sur la chute de Troie. De maison en maison, la violence et la mort pénètrent par le fer et par le feu. Mais au dessus des toits effondrés, on aperçoit le grand ciel paisible et serein.

Charles Ceccaldi-Raynaud, Puteaux Infos 1994

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Chères putéoliennes, chers putéoliens,

Dans un ensemble de diverses préoccupations exaltantes, j’ai consacré trente-cinq ans de ma longue vie, à transformer Puteaux. Transformer est une émotion.

Depuis mon éloignement, je n’ai d’autres ambitions que celle de vous remercier.

Puisque l’occasion m’en est donnée, pour vous-mêmes, pour vos familles, je vous souhaite toute votre part de bonheur, dans l’exaltation de l’espérance.

Charles Ceccaldi-Raynaud

 

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Union Républicaine Pour Puteaux (tribune de janvier)

En proie aux mutations de péréquation, envisagées à la hausse, notre ville serait en outre confrontée à un transfert de charges dont elle a, grâce à Charles Ceccaldi-Raynaud, été dispensée des décennies durant.

La loi Gayssot a offert la possibilité de transférer tout élément terminé, même si l’aménagement dans son ensemble n’est pas achevé. Depuis cette modification législative, l’Etat peut transférer dans le patrimoine des collectivités, tout équipement terminé même si l’ensemble de l’aménagement ne l’est pas.

Charles Ceccaldi-Raynaud, en anticipation de ces évènements, a laissé 228 millions d’euros, en réserve.
Les périls exigent l’urgence d’une gestion rigoureuse.

L’année 2013 s’ouvre sur la nomination d’un nouveau Directeur Général de l’EPADESA dont la gestion critiquable a fait couler beaucoup d’encre.
Un audit de la gestion de la ville elle-même, sous le contrôle de l’opposition, représenterait une première mesure vers une gestion en rapport avec les exigences de la situation.

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Tribune publiée en décembre :

Solstice d’hiver

Deux personnes âgées ont été victimes, courant octobre, d’une agression au sein d’une résidence à Boieldieu, jusqu’ alors considéré comme un quartier sûr.

Suivies par un individu, dans l’ascenseur, et jusque devant la porte de leur appartement, elles ont été contraintes, sous la menace, de céder de l’argent.

A cette violence réitérée, il faut ajouter l’exaspération durable des habitants du quartier pour les nuisances sonores liées à la présence de regroupement d’ adolescents et jeunes adultes munis de bouteilles d’alcool et autres substances peu recommandables.

Madame Berlemont, bien connue pour son engagement entier au sein de notre ville a subi l’humiliation d’une expulsion alors qu’elle ne pouvait être considérée légalement « sans droit », même en étant « sans titre ». C’est pourquoi, soutenue dans sa démarche par Charles Ceccaldi-Raynaud, elle a fait appel de la décision inepte.

Une ville où les habitants des résidences privées comme publiques vivent dans la crainte, de l’insécurité physique ou matérielle, est une ville où le changement s’impose de lui-même.

Le prix Goncourt a récompensé une oeuvre qui s’appuie sur une réflexion de Saint Augustin quant à la fragilité et à l’évanescence des mondes. Sermon sur la chute de Rome, évoque la multitude des mondes possibles et leur commune mortalité. Le monde, disait Saint Augustin est comme un homme, il naît, il grandit, il meurt. C’est toute l’excellence de l’enseignement public qui m’a donné d’avoir pu être élève de ce professeur de philosophie et écrivain de talent. C’est toute la pertinence de son propos qui illumine 2014 et la naissance d’un nouveau monde possible.

Le 21 décembre, solstice d’hiver, correspond à l’allongement des jours et au triomphe de la lumière sur les ténèbres.

Charles Ceccaldi-Raynaud se joint à moi pour vous souhaiter de chaleureuses fêtes de fin d’année.

Tribune publiée en novembre :

Pour que l’immersion linguistique devienne une priorité
 
” Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas ne lisent qu’une page” (Saint Augustin)

Les voyages proposés par la ville de Puteaux, dont Charles Ceccaldi-Raynaud avait eu l’initiative, sont à des tarifs très compétitifs, comparativement à ceux que proposent d’autres villes (en considérant une égalité de distance dans les séjours). La ville de Puteaux prend à sa charge 50% du montant du coût des voyages proposés, à l’instar de la Chine ou du Brésil les précédentes années.Bien que d’un point de vue compétitif  ils soient jugés intéressants, de nombreuses familles en difficulté ne peuvent y souscrire, et celles qui doivent avoir recours au CCAS orientent leur requête sur des nécessités d’urgence.

Le voyage doit être considéré comme une priorité d’un point de vue culturel et éducatif par la ville de Puteaux. Ils doit l’être en terme d’égalité des chances. Les foyers les plus en difficulté doivent pouvoir bénéficier, de droit, de l’exonération du coût partiel de ces voyages organisés.Cet objectif est prioritaire aux dépenses somptuaires des illuminations au demeurant peu esthétiques.

Le droit au voyage éducatif et à l’immersion linguistique (exonération totale du coût du voyage et d’hébergement)  pourrait s’appliquer notamment à 3 occasions de la formation de l’enfant ou du jeune adulte :

– Lors de l’obtention d’un diplôme avec mention. Charles Ceccaldi-Raynaud avait instauré un système prenant en charge le coût du permis de conduire pour tous les bacheliers ou étudiants obtenant une mention. Ce système peut être étendu pour la prise en charge d’un voyage d’ordre culturel et éducatif ou pour une immersion linguistique de plus de deux mois, quelque soit la langue étudiée.

-Lors du passage à chaque cycle supérieur dans le cadre du LMD (Licence, Master, Doctorat)

– Entre 16 et 25 ans, à n’importe quelle période dès lors que le lycéen ou l’étudiant justifie rester plus de deux mois en immersion linguistique.

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Pour avoir été partisan de l’indépendance de l’Algérie, Charles Ceccaldi-Raynaud a fait l’objet d’un ordre d’arrestation du Colonel Godard.  Ci-dessous extrait de son livre.    

« J‘avais fait paraître gratuitement, comme c’était la règle, dans l’Echo d’Alger, un bref communiqué, annonçant ma réunion à 18 heures avec Charles Hernu, Député nouvellement élu.

Nous arrivons à trois. Hernu, un adjoint au Maire d’Alger, Monsieur Arnold, et moi, SFIO.

Surprise. Dans l’écho d’Alger du matin, Hernu et moi sommes en première page.

Nous arrivons devant la salle de réunion. Il y a plus de deux mille personnes. C’est la première grande réunion depuis longtemps. La seconde sera pour Guy Mollet, le 06 février. Quelle idée saugrenue de venir à Alger un 06 février, qui rappelle le 06 février 1934, suivi d’une riposte républicaine du 20 février!

Nous traversons la salle. Nous sommes trois. Arrivés à l’estrade, devant le bureau, nous ne sommes plus que deux. Monsieur Arnold a fait demi-tour. Des huées couvrent nos voix. Une pluie de projectiles nous est lancée. Nous ne pouvons pas nous faire entendre. Deux mille voix contre deux. Je parviens à crier :

-«  Si vous voulez combattre les totalitaires, n’utilisez pas leurs méthodes ».

Un ordre du Gouvernement Général, nous fait évacuer dans une ruelle. Au loin, nous entendons la Marseillaise.

Le 13 mai, j’appréciai la situation à 19 heures. Le Colonel Godard est sur le balcon. Avec le Colonel Trinquier, avec le Colonel Argoud, avec le futur Colonel Aussaresses.

Le 19 mai, le colonel Godard, est nommé chef de toutes les forces de police et de sécurité de l’Algérie. Evidemment, il a le commandement de la milice privée.

J‘explique à mon épouse qu’il faut quitter notre domicile et nous cacher. Le lendemain, nous revenons à la maison à 20 heures.

Ma femme emploie, à temps complet, une femme musulmane. Je demande à l’employée musulmane, qui dort à la maison et qui est à moitié endormie, si quelqu’un m’a demandé dans la journée. Non, dit-elle, rien à signaler.

Le lendemain, vers 6 heures, elle dit à mon épouse :

-« Que m’a-t-il demandé cette nuit ton mari? » Elle ajoute :

-« Un capitaine et 3 soldats sont venus le demander, il venait de partir».

J’ai eu vite fait de quitter les lieux. A 6H30, le commando s’installe chez moi, place de l’empereur, plusieurs parachutistes se relaient jour et nuit au pied de l’immeuble où j’habite, et sur le toit de l’immeuble d’en face.

Le Colonel Godard, installé dans ses nouvelles fonctions, donne l’ordre à tous les Généraux d’Algérie, et à tous les chefs de police, de m’appréhender et de me conduire dans le camp militaire, Alger SAHEL d’où on revient. Ou pas.

Tous les Préfets, sauf celui d’Alger, acquis au coup d’état, sont assignés à résidence dans des chambres d’ hôtel. Pour moi c’est le camp Alger SAHEL qui est prévu.

Il n’existe aucun moyen de quitter l’Algérie. Peut-être par la mer, si le navire n’est pas fouillé. Mon épouse entre en relation avec le syndicat FO des PTT. On imagine  qu’on pourrait m’habiller en facteur, me transporter sur le port au milieu de faux collègues d’un moment, non informés de ce que nous faisons. Il faut aussi porter de lourds sacs postaux à monter sur le bateau.

On me propose une date et un rendez-vous à la grande poste. Pure folie. Je propose le jour de l’arrivée du Général de Gaulle à Alger, le 04 juin 1958, et rendez-vous dans la ruelle où je sauterai par la fenêtre du local où je suis réfugié.

Les dames qui sont autour de moi taillent l’uniforme de postier à ma mesure. Sur le port, pas un policier. Tout Alger attend de Gaulle sur le forum.

Les matelots me conduisent dans une cabine. Ils me disent de fermer la cabine à clef. S’il n’y a pas de fouille, je suis sauvé. Si il y a des fouilles, je suis perdu.

Le cargo doit partir à 8 heures. Il partira à midi. On frappe à la porte. Je ne respire plus.

Pour le cas où je serais appréhendé, j’ai rédigé pour un ami, qui ne quittera le port qu’après le départ du cargo, un communiqué, qui annonce à la presse, l’arrestation du secrétaire fédéral de la SFIO à Alger, le jour où de Gaulle y arrive.

Il y a 16 passagers. Malgré l’avis négatif des matelots, je me libère de mes habits de postier, je me mêle à eux. Je déjeune et je dîne avec eux. Toute la journée la présence annoncée des socialistes et de Phimlin dans le gouvernement de Gaulle, jette ces 16 personnes dans l’incompréhension, la confusion et la colère.

De Gaulle n’a pas dit « Algérie française » à Alger. Il ne le dira qu’à Mostaganem, 4 jours plus tard, la vieille de son retour en France.

Le bateau où j’ai rejoint ma cabine parvient à Marseille. Je demande aux matelots, comment ils comptent me conduire à terre. Ils répondent :

-« Nous avons traité pour vous conduire à Marseille, vous y êtes ». L’un d’eux me demande :

-«  pourquoi es-tu en fuite? »

Je réponds :

-« parce que je suis socialiste et que je n’adhère pas à l’Algérie française. »

C’est trop tard.

Il me répond :

-« Tu fais partie de ceux qui refusent l’unité?  C ‘est bien fait pour toi ».

Une personne à terre emprunte l’échelle et arrive sur le bateau. Elle crie :

-«  les passagers à gauche, et l’équipage à droite ».

En pareille circonstance, il faut décider en quelques secondes qui engagent une vie. L’équipage commence à descendre. Je me jette parmi eux. La caquette de facteur est cachée dans la veste. La veste est sous mon bras. En bas de la passerelle, un visage m’examine avec suspicion. Je suis déjà dans un taxi.

Le chauffeur s’étonne:

-« Vous descendez du bateau? Où sont vos bagages? » Je réponds :

-« Un décret vient d’interdire aux passagers d’emmener avec eux leurs bagages »

Il me dit :

-« je pars prévenir mon syndicat ».

Le plus angoissant s’est écoulé la veille, entre sept heures et midi quand le cargo est immobile.

Je me suis souvenu, de Gallieni disant « je ne peux rien faire de plus, donnez moi un livre ». J’en trouve un dans la cabine. Le hublot m’attire. Le bateau longe le bord. Je me dis que : « Que c’était beau l’Algérie! »

Un autre souvenir douloureux accompagnera toujours mon angoisse quand je pense à ces évènements incertains, c’est le drame de la famille de William Levy. Le fils tué par le FLN, le père tué par l’OAS. »

Charles Ceccaldi-Raynaud

Sur la même période et du même auteur : Alger la blanche, la ville de Camus https://puteauxpourtous.wordpress.com/2012/06/22/alger-la-blanche-la-ville-de-camus/

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Le 16 novembre 1985, Monseigneur Favreau, Evêque du Diocèse de Nanterre, venait à Puteaux à l’occasion de la réhabilitation de la vieille église.

En effet, en 1962, le conseil municipal, alors dirigé par les socialistes, avait décidé la démolition des vestiges de la vieille église. Devant l’émotion soulevée par cette décision, les démolisseurs reculèrent, mais l’église fut laissée à l’abandon. La municipalité de Charles Ceccaldi-Raynaud a obtenu le classement de l’église, et la réalisation des travaux de restauration.

Le discours, prononcé par Charles Ceccaldi-Raynaud à cette occasion, est toujours d’actualité. Aussi j’en reproduis ici un extrait :

« L’unité des croyants

Au-devant des autres, Monseigneur, et d’abord au-devant des autres croyants : Protestants, juifs, musulmans; Votre démarche s’inscrit dans le droit fil des principes affirmés par le Pape à Casablanca, dans un discours prononcé devant des milliers de musulmans accourus.

Votre démarche s’appelle pluralisme; Peut-être pas comme vous l’avez expliqué, parce qu’il existe un pouvoir central qui assure déjà l’unité et la diversité, mais à coup sûr, pluralisme hors de l’église, dans le peuple de Dieu.

L’unité des chrétiens doit trouver un prolongement dans l’unité des croyants.

Dans la France d’aujourd’hui, dans la France telle qu’elle est, ce pluralisme dicte aux catholiques, comme premier devoir, de se situer en première ligne dans la défense des minorités, qui risquent de souffrir de la discrimination, qui souffrent, à coup sûr, de l’exil et de l’éloignement.

1- Respect des non croyants

Au-delà des croyants, tout naturellement voici les non croyants. Les turbulences de la civilisation, peut-être ce qu’on appelle la crise des valeurs, la remise en cause des fondements, eux-mêmes déclarés sans fondement, ont atténué ce qui pouvait séparer, ce qui sépare encore croyants et non croyants.

Dans tout homme qui croit, il peut y avoir parfois, un penseur qui doute; Dans tout penseur qui refuse de croire, il y a sûrement, un homme qui ressent la nécessité d’une espérance spirituelle.

Le combat n’est plus, comme il le fût et au même degré, entre croyants et incroyants; Le combat est à l’intérieur des uns et des autres, il est dans le gouffre intérieur de chacun de nous, au milieu de nos tumultes et de nos remous personnels.

Ce n’est plus le temps de l’homme des cavernes, c’est le temps des cavernes de l’homme. Après, comme Pascal, l’homme passe toujours infiniment l’homme.

2-Un souffle nouveau porteur de tolérance

Alors Monseigneur, tirant de l’évènement que constitue votre visite, des conclusions qui, sans doute, n’engagent que moi, je dis que la certitude doit dialoguer avec le doute, je dis que les croyants et incroyants peuvent se rapprocher jusqu’à apposer leur signature sur des textes communs, quand vient l’heure des grands périls.

Je ne crois pas que ce rapprochement dévalorise la foi. Je crois, au contraire, qu’il peut lui donner un souffle nouveau. Pas de renouveau de la foi sans renouveau de la fraternité, et si ce souffle est porteur de tolérance, alors il donnera à la foi, la force irrésistible d’une vague courant sur la Mer »

Charles Ceccaldi-Raynaud, extrait du discours du 16 novembre 1985

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L‘immense baie d’Alger étend sa courbure sur une mer fermée. Elle annonce l’infini. Elle évoque l’éternité.

Depuis la haute Casbah, aux étroites ruelles, le blanc domine partout. Plus loin, sur les hauteurs de la ville, la blancheur dévalle des immeubles de luxe. Au-delà encore, une haute esplanade rend à la ville son horizontalité et son éternelle blancheur.

-Alger la blanche, c’est la ville de Camus.-

Il est né dans une famille pauvre. Sa mère habite le quartier de Belcourt,  pendant Ouest de Babeloued à l’Est. Des immeubles de luxe sont enfermés dans ces deux quartiers pauvres.

Albert Camus, écrivain éminent n’ a pas pu poursuivre jusqu’à l’agrégation de philosophie. Il est journaliste au quotidien communiste « Alger Républicain ». L’éditorial revient à  Henri Alleg, arrêté au domicile de Audin, assassiné sous la torture.  Albert Camus crée le « Soir républicain ». Une seule feuille.

Albert Camus a écrit « Misère en Kabylie » et surtout l’ « Etranger » où, jeune avocat pénaliste, j’ai puisé  force pour mes plaidoiries.

 L‘avocat commis d’office de l’accusé s’insurge, demandant au Procureur si il irait jusqu’à reprocher au présumé innocent d’avoir assassiné sa mère pour ne pas avoir manifesté un excès de sensibilité au cours de ce deuil. Réponse du Procureur « J’accuse cet homme d’avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel ».

La mer est calme. Les rues d’Alger sont livrées aux meurtres individuels, sans encore atteindre la furie assassine des derniers mois de l’Algérie française. « Qui est tué ? » interroge Camus. Des civils. Des deux côtés.

Face à la mer bleue, le sang rougit les trottoirs. Il éclabousse les murs blancs.

Camus va s’exposer pour essayer de sauver les civils. Les combattants ne tueront que des combattants.

Albert Camus revient à Alger le 18 janvier 1956. Il est reçu par Jacques Chevallier, Maire d’Alger, lequel a perdu la confiance des européens.

Par la suite, il rencontre Mohamed Lebjaoui et Amar Ouzegane, qui assurent d’importantes responsabilités au FLN. Le service d’ordre sera assuré par le FLN, même si les CRS sont présents. Ferhart Abbas, qui vient de se rallier au FLN le 11 janvier ne fait qu’une apparition rapide. Chevallier est absent.

L’embrasement a précédé Camus, déjà dépassé, même si, à l’intérieur de la salle, le calme attend son heure.

Le lendemain, Camus reçoit deux simples personnages d’Alger. Le premier représente le Grand Orient de France en Algérie. Le second c’est moi, alors Secrétaire Général de la SFIO d’Alger.

Camus n’est pas tranquille. Il nous demande notre protection pour se rendre à l’ aéroport. Au sujet de sa conférence, il confie qu’il a été trahi. Mais il déclare qu’il est satisfait. L’appel à la paix civile « sans rencontre et sans s’engager à rien d’autre » est écouté dans le silence. La satisfaction exprimée par Camus ne correspond à aucune réalité. Camus en a conscience, en vérité.

Le FLN veut la guerre totale. L’OAS aussi. La haine a déjà triomphé sur la raison.

La ville blanche est  rouge du sang des innocents. Camus avait compris. Lorsqu’il reçoit le prix Nobel, il déclare : «En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère

Charles Ceccaldi-Raynaud, Conseiller Général Honoraire de Puteaux, avocat pénaliste.

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Lors de la Commission Permanente du Conseil Général, en date du 05 juillet 2010, il a été approuvé une subvention de fonctionnement de 1 500 Euros pour le Contrat local de sécurité de la commune de Puteaux.

1- Conseil Local de sécurité et de prévention de la délinquance : Contrat Local de Sécurité : Commune de Puteaux

Le CLSPD  (Contrat Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance) de la commune de Puteaux a été mis en place le 14 mars 2007.

La commune de Puteaux sollicitait une subvention de fonctionnement auprès du Conseil Général 92, pour l’édition d’un livret de prévention sur la sécurité et la citoyenneté. Le livret a pour objectif le développement du sens civique de la population. Il vise également la facilitation de la recherche de bons interlocuteurs en fonction des difficultés rencontrées.

Ce livret sera distribué à l’ensemble des putéoliens.

La commission permanente a voté en faveur d’ une subvention de fonctionnement d’un montant de 1 500 Euros, correspondant à une dépense subventionnable de 4 512 Euros TTC.

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Lors de la réunion de la commission permanente en date du lundi 05 juillet, 44 rapports étaient à l’ordre du jour.

Je concentre ce premier post aux aides à l’amélioration de l’habitat privé.

1- L’attribution des aides à l’amélioration de l’habitat privé.

Par délibération en date du 27 juin 2008, il a été adopté un nouveau dispositif de soutien à l’amélioration de l’habitat privé. Les concours financiers départementaux pour l’amélioration de l’habitat privé se déclinent en 5 aides :

L’aide à l’amélioration de l’habitat : La dépense est prise en compte dans la limite d’un plafond de 7000 Euros HT ou de 13 000 Euros HT selon le niveau de ressources. Ce plafond est porté à 10 000 Euros HT ou 20 000 Euros HT, en cas d’insalubrité.

L’aide complémentaire pour l’adaptation au handicap ou au grand-âge : Elle est établie sur les seuls travaux d’adaptation du logement liés au handicap ou à l’âge de son occupant, dans la limite d’une dépense plafonnée à 10 000 Euros HT et pour un taux de subvention de 20%, soit une subvention plafonnée à 2000 Euros.

L’aide aux travaux d’économie d’énergie : Elle prend la forme d’une subvention de 20% du coût de la main d’oeuvre HT et du coût HT du diagnostic de performance énergétique dans la limite d’un planfond de subvention à hauteur de 2000 Euros.

L’aide spécifique aux syndicats de copropriétaires dans le cadre de la lutte contre l’habitat indigne : Elle est versée au syndicat de copropriétaires et équivaut à 20% de la subvention anah.

L’aide à la production de logements locatifs privés à loyer maîtrisé : Elle a pour objectif de favoriser la production de logements à loyer intermédiaire par l’attribution d’une aide représentant 20% de la subvention de l’Anah hors primes, de logements à loyer conventionné social par l’octroi d’une aide représentant 25% de la subvention de l’anah hors primes ou de logements à loyer conventionné très social et maintenus sous le régime de la loi de 1948 par l’allocation d’une aide représentant 30% de la subvention de l’anah hors primes.

La commission consultative des aides à l’amélioration de l’habitat privé, réunie le 7 juin 2010 a émis un avis favorable sur 98 demandes ainsi réparties :

-86 dossiers portant attribution d’une subvention dans le cadre de l’aide à l’amélioration de l’habitat, pour un montant total de 195 517 Euros.

-4 dossiers portant attribution d’une subvention dans le cadre de l’aide complémentaire pour l’adaptation au handicap ou au grand âge, pour un montant de 4 122 Euros.

-8 dossiers portant attribution d’une subvention dans le cadre de l’aide spécifique aux travaux d’économie d’énergie pour un montant de 1 837 Euros.

Naturellement, lors de la commission permanente, le vote de Charles Ceccaldi-Raynaud a été favorable à ces aides, dont 4 habitants de Puteaux ont bénéficié.

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Charles CECCALDI-RAYNAUD, Conseiller Général de Puteaux, et Marie-Sophie MOZZICONACCI, vous présentent leurs meilleurs voeux de Paix et Fraternité, pour cette nouvelle année.

Ils auront l’occasion de vous rencontrer très prochainement.

Un souffle nouveau attend Puteaux.

Ci-dessous, I Chjami Aghjalesi

a mio muntagna

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Sur les pas de Jean Jaurès, 150 ans après sa naissance

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Il entre premier à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’ULM, devant Henri Bergson.

Il en sort troisième, agrégé de philosophie, après Henri Bergson.

Il refuse, à 22 ans, un poste à l’université de Toulouse, pour enseigner au lycée Lapérouse d’Albi, près de Castres, où il est né.

A l’occasion de la distribution des prix, en 1903, il prononce son vibrant discours à la jeunesse, qui demeure, par les images et les idées, un modèle inégalé.

Député Républicain du Tarn, battu après son combat pour l’innocence de Dreyfus, il devient l’élu des mineurs à Carmaux et le restera, jusqu’à sa mort tragique.

Il va réussir à créer à Albi, la célèbre verrerie.

C’est la première usine aux mains des travailleurs.

Inlassable partisan de l’unité des siens, il fonde, en 1903, la SFIO, où il sera toujours minoritaire.

Trois balles meurtrières, tirées au café du croissant, à Paris, le 31 juillet 1914, lui enlèvent la vie.

Sa voix d’orateur, universelle, a retenti pour toute l’humanité et pour tous les temps.

Comme Charles De Gaulle, il a appartenu d’abord aux siens, et ensuite à tous.

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